Mon œuvre est hybride : écriture, vidéo, photographie, performance, interprétation.
Des langages qui cohabitent, se frôlent, se contredisent parfois — mais s'alimentent toujours.
Il est temps de construire une maison. Pas en briques ni en béton. Une maison traversée d'ombres, de voix, de désirs flous. Une maison peuplée de fantômes — drôles, glauques, tendres, inoffensifs.
Une maison où l'on peut taguer les murs. Avec des couleurs vives, parfois des paillettes collées. Où l’on peut foutre aussi ces posters de groupie tachés de souvenirs et de sauce industrielle.
Parce qu'on n'oublie jamais là d'où l'on vient.
Chaque pièce est une tentative. Créer n'est pas survivre. Ce n'est pas vivre non plus. C'est tracer un passage entre les deux. Hacker le quotidien. Faire feu de tout. Chercher l’impact, pas la précision. Ce qui tremble plus que ce qui brille.
Aujourd'hui, je bâtis cette maison à moi, où chaque pièce abrite une version de mon corps, de mon cœur, de mon chaos : réelle, fantasmée, détournée, archivée.
Une maison où l'on célèbre ce qui déborde, ce qui dérape, ce qui reste vivant. Où la tendresse devient réflexe, et où les corps se rencontrent. Accueillir d’autres idées, d’autres visages, d’autres élans.
C'est là, entre ses murs souples, ses câbles emmêlés, ses souvenirs recomposés, que je me tiens debout. Un peu flou, mais entier.
Et que je t'invite à entrer.
Jérémy